Menu

01. L’agenda quotidien

Le journaliste a une obsession: quoi de nouveau sous le soleil? Il a faim et soif de « nouvelles » à partager avec les gens. Il a besoin de savoir ce qui se passe autour de lui pour le raconter aux autres. Mais son métier de diseur de vérités l’oblige à faire le tri entre les vraies « nouvelles » et les fausses pour garantir la diffusion d’informations honnêtes. Il opère ce tri en dressant l’inventaire des « nouvelles » véridiques ou vérifiables sur un agenda quotidien.

Agenda bien tenu = bon journal

La qualité du contenu d’un journal est proportionnelle à celle de l’agenda qui le façonne. Un agenda sérieux est composé de trois volets :

 Le calendrier de l’actualité immédiate : liste quotidienne des événements du jour annoncés par des sources identifiées. Il permet de préparer le traitement de l’actualité présente. Exemple : je prévois pour demain un article de 1 colonne et demie pour le compte-rendu du discours du Président annoncé pour cet après-midi.

Le calendrier de l’actualité prévisible : choses à faire pour l’organisation du traitement de l’actualité des jours à venir, à court, moyen, long terme. Il permet d’anticiper sur l’actualité future.
Exemple : je dois prendre des rendez-vous pour faire un bilan de la situation sociale avant l’anniversaire des émeutes de l’an passé.

Le calendrier de l’actualité choisie : sujets personnels à forte valeur ajoutée. Il permet d’inclure dans sa programmation des sujets conçus en complément ou contrepoint de l’actualité immédiate ou prévisible.

Exemple : l’actualité est déprimante, je vais interviewer le petit épicier du coin de la rue qui a toujours le mot pour rire…

Un agenda collectif, quand on travaille en équipe, vaut mieux que des agendas individuels.

Cinq fenêtres à ouvrir chaque jour

Le premier des gestes quotidiens du chercheur de « nouvelles » doit être d’ouvrir les fenêtres donnant sur les champs d’information.

Il y a cinq fenêtres naturelles : la radio, la télévision, internet, la presse écrite et le bistrot du coin.

Je me mets en phase avec l’actualité en écoutant la radio, en regardant la télé, en surfant sur les plages informatives d’ internet, en lisant les nouvelles fraîches et en tendant l’oreille à ce qui se dit au bistrot ou à l’épicerie du coin. Donc, je me lève tôt.

Cette discipline quotidienne permet :

  • De mettre à jour son agenda, en intégrant dans ses prévisions les apports des autres médias.
  • D’évaluer sa propre production en la comparant à celle de ses confrères. Elle développe l’esprit d’auto-critique qui évite de tomber dans l’auto-satisfaction.

Documentation = plus value

Second des gestes quotidiens du journaliste soucieux d’optimiser ses performances professionnelles : le stockage des apports des autres médias. Comparer ma production à celle des autres enrichit mes connaissances sur les sujets que j’ai à traiter dans le champ de mes responsabilités. Les meilleures documentations font les meilleurs articles.

Une paire de ciseaux suffit, chaque jour, pour découper et archiver les extraits de presse écrite dont la somme, classée par ordre chronologique ou thématique, apporte le renfort d’une bibliothèque personnalisée au journaliste en quête de plus-value rédactionnelle.

Le piège à éviter

L’agenda n’est pas un livre sacré. Il ne résume jamais la totalité du réel. Le journaliste se fait donc piéger s’il se laisse imposer la loi de l’agenda setting par les professionnels de la communication.

La question à se poser

Une fois que j’ai réfléchi aux diverses façons de transformer mon agenda du jour en sujets rédactionnels, je me pose une ultime question : que puis-je faire de plus, ou de mieux, pour que le contenu de mon journal soit plus éclairant que celui des autres ?