TV // 10. S’exprimer en images

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En reportage, le journaliste cameraman tourne selon ce qu’il voit sur le terrain et selon son style. Il utilise la richesse du langage des images pour jouer sur les significations produites par: le choix de la caméra, l’angle de prise de vue, le cadrage, la lumière, les mouvements et la position par rapport au sujet du reportage.

Signification des valeurs de plans.

A chaque fois que le caméraman met en route sa caméra, filme et stoppe, il produit un plan. L’ensemble des plans tournés dans un lieu ou autour de l’évènement constitue une séquence, une famille de plans qui doit être riche et diversifiée :

  • Le plan large sert le contexte général de l’évènement.
  • Le plan d’ensemble situe les personnages.
  • Le plan américain décrit les personnages en action.
  • Le plan taille : montre un ou plusieurs personnages en scène.
  • Le plan moyen ou plan rapproché poitrine : classique du format « télévisé », coïncide avec la vision naturelle de la relation que nous avons avec les autres.
  • Le gros plan oriente le regard sur un détail corporel ou matériel, une action précise.
  • L’insert concentre l’attention sur un indice visuel reliée à l’action qui est décrite.

Les effets de tournage produisent des effets de sens.

  • L’amorce :

Un personnage ou un objet apparaissent partiellement en bordure du cadre ce qui a pour effet d’accentuer la profondeur de champ de l’image.

  • Plongées et contre-plongées :

L’axe de prise de vue est orienté du haut vers le bas ou du bas vers le haut et va donner une impression de domination de celui qui regarde ou de celui qui est regardé.

  • Le plan séquence :

La caméra n’est pas coupée : la séquence, non découpée, est constituée d’un seul plan.   Sans s’interrompre, la caméra suit l’action en cours ou la description d’un lieu.

  • La caméra subjective :

l’image se confond avec le regard d’un personnage impliqué dans l’action. Elle donne au téléspectateur l’impression de vivre la scène.

Les mouvements de caméra.

  • Panoramique :

La caméra tourne sur son axe, sur pied, pour montrer le contexte d’un événement, le situer dans l’espace.

  • Travelling :

La caméra est mobile et suit une trajectoire continue, souvent parallèle au personnage, à l’objet ou au personnage qu’elle filme. En reportage, le travelling s’effectue depuis une voiture, un train…. Il peut signifier un processus, une histoire, une évolution…

Les mouvements et effets optiques.

  • Le zoom :

Par un procédé optique, les objets lointains sont rapprochés.

En reportage, la meilleure façon de « zoomer » est de se rapprocher en marchant vers l’objet filmé.

  • Le flou/net :

En modifiant la mise au point optique de la caméra le journaliste cameraman va faire passer la netteté d’un élément de premier plan au deuxième ou l’inverse. C’est un effet qui permet de marquer une transition sans rupture de ton

  • Le fondu au noir ou au blanc : 

C’est un procédé qui marque une rupture nette. Utilisé entre deux extraits d’interview, il montre clairement les effets de montage de l’interview.

Les axes de tournage.

  • La règle de trois :

Une action se décrit en minimum trois plans. Ces trois plans doivent avoir au moins deux échelons de différences dans les classifications cinématographiques pour éviter les «sautes» d’images.

  • La règle des 180 degrés :

Normalement une action ne doit jamais franchir une ligne invisible qui sépare l’espace en deux. La scène tournée devient illogique donc incompréhensible si la caméra ne maintient pas son point de vue sur un côté ou l’autre de cette ligne.

  • Les hors champs sonores et/ou visuels :

Un cadre évoque autant ce qui est montré que ce qui est suggéré en dehors de ce qui nous est montré. Un rétroviseur révèle la voiture en entier, un bouton de manchette un personnage…

4 conseils : 

  • Faire très peu de mouvements : laisser au téléspectateur le temps de voir la scène.
  • Travailler le plus souvent possible avec un pied, tripode ou monopode : une image stable est une image professionnelle, donc, à priori, crédible pour le télespectateur.
  • Contrôler le son avec un casque : des sons peuvent perturber l’écoute ou la compréhension de l’interview ou de la scène (climatiseur, passage d’un train hors champ…).
  • Toujours vérifier son matériel avant le départ en reportage : batteries, cartes mémoires, éclairage…

Combien de plans faut-il rapporter au monteur ?

Un reportage = environ 20 plans montés = 60 plans tournés

(rapport tournage / montage de 3 pour 1)

Sur les plans à tourner pour obtenir un montage énergique, il faut :

  • 2 plans généraux, soit 6 plans à tourner
  • 8 plans moyens, soit 24 plans à tourner
  • 10 gros plans, soit 30 plans à tourner
  • 30 secondes d’interview (2 minutes à tourner) 

L’image répond bien aux questions Où ? Qui ? Quoi ?

Le lieu, l’environnement, la situation, l’espace où se passe l’évènement ainsi que les acteurs de l’évènement, interviewés et personnes concernées par l’évènement.

Dès le tournage, le journaliste et le caméraman pointent toutes les réponses qui ne peuvent pas être prises en charge par l’image et le son. Le commentaire prend en charge les réponses aux questions plus abstraites telles que Pourquoi ? Comment ?

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