TV // 15. Construire le reportage

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L’interview ne doit pas être utilisée systématiquement comme la séquence clé du reportage. C’est une séquence très forte. Sur la forme, c’est le plan le plus long du reportage et sur le fond, c’est la séquence qui fait exister celui à qui le reportage donne la parole et qui invalide tous les autres (il est difficile de faire exister par le seul commentaire le point de vue d’une personne qui n’a pas pu être interviewée). Précieuse, l’interview est une séquence qui doit être utilisée avec précaution.

Une ITW posée peut casser l’unité de lieu, de temps ou d’action d’une séquence.

Toute ITW réalisée dans un temps et un lieu différents du reste du tournage provoque une rupture de ton. Si cette rupture de ton n’est pas intentionnelle, préférer une interview tournée en situation, plus facile à intégrer dans le reportage.

La répétition d’un plan identique freine la progression de la narration.

Il vaut mieux éviter d’utiliser plusieurs extraits d’une même interview répartis à différents moments du reportage. Pour que la répétition de ce « plan identique » soit perçu comme procédé intentionnel et motif récurrent (leitmotiv), il faut soigner les différents cadres de ce plan et étudier le rythme de répétition de ce plan au fil du reportage.

L’ordre dans lequel le journaliste présente les interviews est révélateur d’un propos qu’il assume.

Pour un reportage impartial, le journaliste doit présenter les points de vue contradictoires (POUR/CONTRE) qui s’affrontent autour d’un sujet. L’ordre dans lequel sont présentés les différents points de vue n’est pas neutre. Cet ordre reflète le choix d’un propos fondé et assumé par le journaliste.
itw1 C’est bon + itw2 C’est cher = Propos : « nous n’aurions pas dû aller dans ce restaurant ».

Itw1 C’est cher + itw2 C’est bon = Propos : « ça valait la peine d’aller dans ce restaurant ».

Combien d’extraits d’interviews dans le reportage ?

Entre le premier interviewé et le dernier, le téléspectateur oublie très souvent l’un ou l’autre des extraits d’interviews intermédiaires (si le reportage en comporte quatre ou cinq). Il faut donc accorder un soin particulier à ces extraits d’interview, soigner leur découpage, leur longueur, le commentaire de relance qui les introduit…

Peut-on finir sur une interview ?

Il est souvent dit que le journaliste doit clore son reportage sur un propos construit : ne pas rajouter de commentaire après la dernière interview revient à accorder la priorité aux propos de l’interviewé. Exceptionnellement, dans le cadre d’un portrait, le dernier mot peut être laissé à l’interviewé.

Commencer par une interview ?

Commencer un reportage par une parole cueillie au vol constitue une bonne accroche. Il s’agit moins d’une interview que d’un son en situation capté au cœur de l’événement, utilisé pour lancer le sujet de façon dynamique. En cas d’accroche portée par l’interview d’une personne, prévenir le présentateur pour qu’il ne termine pas son lancement par le nom des journalistes de l’équipe : jouxtant immédiatement l’interview en accroche, cette « signature » peut parasiter la compréhension du reportage.

Cacher l’interviewé ?

Il existe différentes procédés de floutage pour cacher l’interviewé qui souhaite garder l’anonymat :

  •  Tournage à contre-jour, trucage de l’image avec une mosaïque par exemple)
  •  Déformation de la voix ….

Ces procédés sont mis en œuvre pour préserver l’identité ou la réputation de la source d’information mais il faut savoir qu’ils chargent le message de beaucoup d’ambiguïté.

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