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19. Le participatif encadré

Si la quantité des commentaires sur un site est un indice de sa vitalité, leur qualité n’est pas à négliger. Porteurs d’informations, de témoignages ou d’analyse, les internautes démultiplient les canaux d’informations des journalistes. Et par là, leur richesse.

La sélection des commentaires

Si 1 à 2% seulement des internautes laissent des commentaires sur un site d’information, les contributions pertinentes sont encore plus rares. Pour les repérer, plusieurs recettes :

  • D’abord lire les commentaires de manière exhaustive, car une pépite se cache souvent dans un témoignage dont il devient alors utile de contacter l’auteur.
  • Valoriser les meilleurs commentaires (par une sélection) de façon à encourager les contributions de bon niveau, cela entretient le réflexe contributif et montre aux internautes que leurs messages sont lus et pris en compte.
  • Ne pas hésiter à susciter l’échange, dans le fil de la discussion, pour voir si une contribution intéressante peut en susciter d’autres, comme une sorte de cercle vertueux.

D’une manière générale, plus les journalistes participent aux discussions, plus ils donnent envie aux internautes de s’engager dans la fabrique de l’information. Le « call to action » (appel à l’action) est également un levier puissant pour développer la participation : si les internautes se sentent directement concernés par l’enjeu soulevé dans un article, ils n’hésiteront pas à répondre à une sollicitation. Enfin, notez cette « recette » : le premier commentaire laissé par un internaute est souvent d’une qualité supérieure à la moyenne, car il est fondé sur la légitimité de l’auteur à s’exprimer. En clair, un lecteur commence à commenter lorsqu’il a quelque chose de pertinent à dire.

Entretenir la relation

Une fois repéré, le contributeur intéressant est à choyer. Qu’il soit universitaire, boulanger ou chômeur, cet internaute peut devenir, au gré de l’actualité, un « expert » particulièrement pertinent. Si vous entretenez un contact régulier avec lui, par mail, tchat ou échange dans les fils de discussion, vous le fidéliserez à votre fabrique de l’information. Il aura donc à cœur de vous répondre le jour où vous le solliciterez.

C’est ce qu’on appelle développer sa propre blogosphère, exactement comme tous les journalistes entretiennent IRL (In Real Life, dans la vie réelle) un réseau de sources qui constitue leur carnet d’adresses. A terme, vous pourrez même parfois transformer ces internautes en blogueurs patentés. Là encore, il ne s’agit pas de remplacer les journalistes par des citoyens éclairés. D’ailleurs, ces derniers formulent souvent une seule exigence : que les journalistes fassent correctement leur métier qui nécessite du temps, des moyens et un vrai savoir-faire !

En aidant ces internautes à s’y retrouver dans le maquis de l’information, voire, pour certains, en leur apprenant les techniques d’écriture du web, vous aurez la possibilité d’en faire de vrais producteurs d’informations en ligne, une espèce en voie de développement.