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08. Les grands principes de lecture

On ne lit pas sur écran comme sur le papier. Plus qu’une évidence, cette donnée fondamentale nécessite d’être détaillée. Objectif : comprendre comment se comporte l’internaute face à un article en ligne et donc, être capable d’adapter son écriture à la lecture numérique.

Sens de lecture et trajet de l’œil

Commençons par la leçon de Jakob Nielsen, un chercheur américain qui analyse, depuis des années, les comportements d’usage des internautes. Sur le web, dit Nielsen, les lecteurs ne lisent pas les articles, ils les scannent ! En dix à vingt secondes, ils se font une idée de la qualité de la page visitée. S’ils ne sont pas convaincus, ils vont voir ailleurs.

Nielsen utilise un système de suivi du regard (eye-tracking) : le lecteur, décrit-il, scanne la page, glisse d’un paragraphe à l’autre en évitant la publicité ou les gros blocs de texte. Son cerveau rebondit d’une idée à l’autre avant de se décider à vraiment lire.

Sur le web, l’œil de l’internaute a une lecture en F, de haut en bas (je recherche) et de gauche à droite (je m’intéresse).

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Trois sites analysés par Jakob Nielsen, où les zones rouges sont les plus lues, puis les jaunes et les bleues.

Cette lecture est constamment interrompue, par une vidéo, un diaporama ou l’écoute d’un son : 79% des internautes lisent « en diagonale » et 16% seulement en mot à mot. C’est dire si le sens du mot « lecture » est profondément différent sur le web. Qui plus est, avec toutes ces contraintes, la lecture sur écran est 25% plus lente que sur papier. Ce qui suppose de travailler sur des formats plus courts que la presse écrite.

Point positif : si la lecture est plus aléatoire, l’attention de l’internaute est aussi bien plus active, car le lecteur est désormais dans une démarche active de recherche d’information, là où les autres médias lui offraient un statut passif. C’est donc en mêlant habilement les techniques que le journaliste peut produire un contenu riche et abondant, à condition ne pas lasser son lecteur.

La navigation en saut de puce

Insistons sur ce point. Sur un écran, l’œil du lecteur va très vite et ne s’arrête que lorsqu’un élément lui paraît digne d’intérêt. C’est le principe de la navigation en saut de puce : tel l’insecte, le cerveau du lecteur va passer, de manière plus ou moins chaotique, d’un contenu à un autre, d’une page à une autre, d’un site à un autre, sans qu’il paraisse y avoir une logique derrière ce cheminement en zigzag.

Pour capter l’attention de l’internaute, il est donc impératif de :

  • L’aiguiller vers votre contenu via un bon référencement dans les moteurs de recherche, car si votre article est mal « fléché », le lecteur n’y arrive pas.
  • Le retenir dans votre article/contenu/environnement, par l’emploi approprié des techniques d’écriture, en multipliant les points d’entrées dans votre contenu.