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15. Transmettre en direct l’évenement

Existe-il un art du reportage propre au web ? Le journaliste multimédia est un reporter comme les autres, mais il doit aussi faire preuve d’un certain sens du direct et de la conversation, ingrédients indispensables pour bien « couvrir » un événement.

Faire des images en direct

Média de flux et d’archives, Internet offre la possibilité de réaliser un article évolutif . Du premier tweet de 140 caractères annonçant le départ d’une manifestation à la longue analyse décortiquant son succès (ou son échec), le web use de tous les formats. Sa réactivité et sa souplesse en font donc un média idéal pour traiter les événements en direct.

Ainsi, un web-reporter peut raconter un événement au fur et à mesure qu’il se déroule, sans plus d’équipement qu’un smartphone multi-fonctions. Avec ce type de téléphone, vous pourrez filmer la tête du cortège, interroger les leaders de la manifestation, les photographier… etc. Tout cela à condition de pouvoir transmettre vos informations (texte et images), donc en ayant accès au réseau (téléphonique) et à une bande passante suffisante. Cela suppose de faire des extraits vidéo courts (pas plus d’une minute), ou une série de photos facile à envoyer. Il arrive fréquemment que les réseaux hertziens soient complètement saturés autour d’une manifestation, à cause du très grand nombre de communications simultanées sur un espace restreint.

Enfin, attention aux dérapages ! Le principal risque d’une telle couverture est de se précipiter, de transmettre ce que l’on croit être une information sur la base d’une impression furtive ou d’une « chose vue ». Plus le délai séparant l’événement de sa narration diminue, plus les risques d’erreurs augmentent.

Twitter en live

Raconter un événement en direct par une série de messages de 140 caractères maximum exige à la fois un sens aiguë de la synthèse et un talent de conteur hors pair. Cet exercice se rapproche de celui qui consiste à rédiger les « Urgents » des fils des agences de presse : pas de fioritures, pas de formule de style, ni de jeu de mots. Il faut se limiter aux faits, rien qu’aux faits, en respectant une construction classique. L’adage de Pierre Lazareff (patron de presse français légendaire qui n’a pas connu le web) semble s’appliquer parfaitement à Twitter :

 « Une phrase c’est un sujet, un verbe, un complément. Pour un adjectif, me prévenir. Au premier adverbe vous êtes viré !  »

Si Twitter invite à livrer ses impressions personnelles, il faut se méfier de ce mode d’expression directe et sans filtre. Bannir en particulier les formules ironiques qui peuvent prêter à confusion. L’ironie est toujours une arme à double tranchant, dont la lecture est ambiguë. Derrière une formule bien sentie, se cache souvent un arrière-plan imaginaire complexe que le lecteur peut ne pas comprendre ou interpréter dans un tout autre sens que l’intention de l’auteur.