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21. Comment gérer le bi-média ?

Dans les médias traditionnels, le web a longtemps été regardé comme une contrainte, voire un parasite qui allait cannibaliser un public fidèle. Ce préjugé est devenu obsolète, à condition de bien gérer la dynamique des échanges avec Internet.

La complémentarité du web

Lorsque l’on a une information, faut-il d’abord la mettre en ligne ou bien la réserver à son média d’origine ? Aucune rédaction traditionnelle n’échappe à cette interrogation, qui trouve des réponses variées, en fonction des situations. En fait, cet enjeu met les journalistes face à la nécessité de penser la complémentarité des médias. Le tout, dans un environnement où les différences entre sites issus de radio, de TV ou de la presse écrite, sont en train de s’estomper.

S’il n’y a pas de délais de bouclage sur Internet, certaines heures de mise en ligne assurent une meilleure diffusion de l’information. Ce phénomène –le buzz, littéralement le bourdonnement d’insecte– est important à comprendre, car il est au cœur du fonctionnement du web et des réseaux sociaux, de leur « force virale ». Ainsi, une information livrée tard le soir va alimenter les autres médias le matin, et ainsi de suite… Annoncer l’information sur le web ne tarit pas son intérêt à la reproduire ailleurs, bien au contraire. Plus le public touché par l’information est large, plus l’audience des médias l’ayant produite sera importante.

Pour sortir du préjugé « cannibale », il faut penser le web comme un nouveau circuit de l’information permettant à un média de gérer l’ensemble des temporalités de l’actualité : du premier tweet à l’analyse fouillée.

Aller-retour de contenus

L’émergence des outils de mobilité (smartphone, tablettes) favorise les allers-et-retours de contenus au sein d’un même média. Une nouvelle entendue le matin à la radio va être enrichie au fur et à mesure de la journée, déclinée sous différents angles et formats. L’idéal est de pouvoir proposer à l’internaute cette chaîne d’informations. A charge pour les rédactions de pouvoir :

  • Produire cette chaîne d’informations avec des journalistes polyvalents.
  • De diffuser ces formats sur tous les supports.
  • De faire connaître sur les réseaux sociaux l’originalité de son traitement éditorial.

Exemple : une bonne opération de crowd sourcing  commence par un court appel à témoignages sur le journal (papier), pour s’incarner dans un format web (carte multimédias) et, en retour, dans une longue enquête papier.

Enfin, le « reverse-publishing » (du web vers le papier) est encore trop peu utilisé par les rédactions papier, alors qu’il représente une source de contenus non négligeables. Comme pour la vidéo, il y a là matière à innover.