Menu

06. Monter une opération de crowd sourcing

L’une des principales innovations du web est de transformer l’internaute en producteur d’informations. Cela lui donne un nouveau rôle et une nouvelle position dans la fabrique de l’information. Pour le journaliste, c’est l’opportunité de tisser de nouveaux liens avec ses lecteurs.

Changement de rapports : de la pyramide à l’étoile

Avant le web, le schéma de l’échange journaliste/lecteur était plutôt pyramidal et hiérarchisé, les relations étant assez unilatérales, du journaliste vers ses lecteurs.

Avec le web, la pyramide s’est transformée en étoile, tout un chacun étant susceptible de devenir un producteur d’information, les lecteurs ayant désormais la capacité de s’adresser instantanément et sans intermédiaire aux journalistes.

Cette évolution est sans doute l’une des plus importantes pour les journalistes, car elle s’applique aussi aux institutions, aux ONG, aux gouvernements, aux entreprises… etc. Chacun est désormais potentiellement un média à part entière, les journalistes doivent en tenir compte.

Le crowd sourcing, comment ça marche ?

La première façon de faire du crowd sourcing (l’information par l’audience) consiste à utiliser la communauté des internautes pour trier l’information pertinente.Le quotidien britannique The Guardian a demandé à ses lecteurs de l’aider à vérifier les 458 000 pages de déclarations de frais des membres du Parlement. Plus de 28 000 personnes se sont prêtés à l’exercice. Cette méthode est amenée à se généraliser à cause de l’explosion des réseaux sociaux qui ont démultiplié la masse des données émises chaque jour sur internet. A titre de comparaison, une page d’un quotidien de la presse écrite de qualité représente un méga octets (10 puissance 6) de données, là où une journée d’échanges sur le réseau Twitter représente (en 2010) 70 tera octets (10 puissance 12) de données.

La deuxième façon de faire du crowd sourcing est de demander aux internautes d’envoyer une information simple en leur possession. C’est le cas de l’initiative lancée en Inde pour cerner l’ampleur de la corruption au quotidien. Sur le site Ipaidabribe.com, les internautes peuvent alimenter de manière anonyme une base de données en livrant leur témoignage : où, quand, à qui et quel pot-de-vin ont-ils payé ? L’agrégation et le traitement de ces données trace le paysage de la corruption au quotidien dans les villes indiennes. Une démarche qui peut influencer la politique des autorités locales.

Le crowd funding pour faire un reportage

L’autre facette de l’appel à la participation du public s’étend sur le financement du journalisme. De nombreuses initiatives ont vu le jour pour permettre aux journalistes de financer leur projet de reportage en s’appuyant sur la générosité des donateurs. En matière d’informations généralistes, le crowd funding (le financement par le public) n’a pas démontré une efficacité fulgurante. Néanmoins, certaines expériences comme celle des Américains de spot.us sont à suivre.